Vendredi 17 juillet 5 17 /07 /Juil 18:28


Les conséquences sur le cadre de vie.

A cause de cette insalubrité chronique dans laquelle beigne la ville d’Abidjan, celle-ci n’est plus agréable. Marcher dans les rues d’Abidjan aujourd’hui sans se boucher les narines relève de l’exploit. Certaines rues sont quasiment fermées à la circulation parce que envahies par des tas d’ordures. Obligeant ainsi les automobilistes à faire de grands détours.  Pour les piétons (que nous sommes tous à un moment ou à un autre), arpenter les rues et boulevards d’Abidjan nécessite d’avoir des aptitudes en saut d’obstacles, tellement les tas d’immondices ressemblent à des collines.

Bref, il est aujourd’hui quasiment impossible de se promener, flâner à Abidjan comme cela se fait dans toute ville qui se respecte et qui permet à ses habitants de parcourir agréablement ses rues pour prendre de l’air.

             Inondations
Par temps de pluies, Abidjan se transforme en océans habités par endroits ou de marécages en d’autres endroits. Chaque année des morts sont déplorés par dizaines du fait des inondations (21 pour la saison 2009). Aucune artère n’y échappe. La cause est toute simple : Toutes les canalisations d’eaux pluviales sont bouchées. Lorsque ce ne sont pas les fameux sacs plastiques qui en sont la cause, c’est carrément parce que les bouches d’égout sont obstruées pour avoir été utilisées comme poubelles après avoir retiré, en toute inconscience et en toute impunité, les plaques d’acier qui les ferment. Parfois ce sont carrement les caniveaux sensés drainer l'eau pluviale qui sont utilisés comme poubelles.
Il suffit de longer les grandes voies et jeter un coup d’œil dans ces bouches d'égout pour s’en rendre compte. C’est tout simplement écœurant.  Treichville, Riviéra Bonoumin, boulevard du port, Marcory, Koumassi, Adjamé Indenié, etc… aucun quartier n’y échappe.
Or c'est bien connu. On n'arrête pas l'eau qui veut ou qui doit s'écouler. Lorsqu'on tente de l'arrêter, elle se trouve fatalement une autre voie au point de se retrouver parfois à des endroits ou rien n'est précu pour continuer sa route. Dans ce cas, c'est inévitablement l'inondation. Lorsque par temps de pluie, l'eau arrive peniblement à se frayer un chemin d'Abobo, Williamsville, etc... jusqu'à l'indenié et qu'elle ne peut plus poursuivre sa route vers la Lagune, que pense-t-on qu'il se produira?
Par notre propre faute, aujourd'hui pour circuler à Abidjan par temps de pluieil faut être à bord d’un bulldozer. Et encore…

Illustrations


"Gbonhi" (tas) de sacs plastiques dans un canal d'évacuation.


Non, ce n'est pas un rêve : Ce sont bien des pneus que ce vendeur de carreaux a mis dans le caniveau juste devant sa baraque.
Un ouvrage publique construit à coups de millions (nos impôts). Voilà ce qu'on en fait!!! Le comble c'est que ce vendeur de carreaux sera le premier à se plaindre lorsqu'il ne pourra pas accéder à sa baraque à carreaux en temps de pluie pour cause d'innondation.. cela se passe quelque part à Marcory!!!





Bouche d'égout obstruée...


ce-que-deviennent-les-caniveaux.jpg
Ce qui reste d'un caniveau


bouche-d-egout-fermee2.jpg
Les ingénieurs ont prévu sous cette bouche d'égout une conduite pour l'écoulement de l'eau.
L'abidjanais en a décidé autrement...



caniveau-ferme.jpg
Ce que vous voyez là n'est pas une poubelle mais bien un caniveau qui sert de poubelle...




Caniveau servant de poubelle (Koumassi Bld du 7 Décembre)



Quelle est la conséquence de tous ces défis que nous lançons à mère nature? Voir ci-dessous (En  image)



Echangeur de l'Indenié après une petite pluie

Le comble...


Voici le résultat de l'insalubrité de la ville d'Abidjan. ça ce n'est pas une conséquence du rechauffement climatique
mais bien celle de notre irresponsabilité



Et ce n'est que le début...





Les conséquences sur notre santé.

 La résurgence  de certaines maladies (mortelles) telles que le cholera, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde en dit long sur la saleté de la ville d’Abidjan. Les spécialistes ne les appellent-t-elles pas d'ailleurs les maladies de la saleté ? Et dire que les autorités, chaque année, dépensent des sommes colossales pour venir à bout de ces maladies alors qu’il suffirait d’assainir le cadre de vie pour les éviter et ce avec beaucoup beaucoup moins de moyens. Les économies ainsi faites pourraient servir à réaliser d’autres projets. Cela paraît simple et pourtant….

Que dire du paludisme ? Le paludisme est une maladie endémique chez nous. Tous nous savons que le paludisme se transmet par piqûre des moustiques (anophèle). Tous nous savons que les moustiques adorent se multiplier dans les endroits sales et humides (dépôts d’ordures, eaux stagnantes, etc…). Comment voulons-nous venir à bout de ce fléau alors que nous offrons, de bon cœur, à son vecteur tous les moyens de se développer ? Simple question de bon sens ! Les onéreux programmes de lutte contre le paludisme et toutes nos lamentations à l’endroit de la communauté internationale n’y feront rien tant que nous n’assainissons pas notre ville, notre milieu de vie. Comme dit plus haut, l’état actuel des caniveaux de la ville en dit long sur notre amour pour le paludisme (cela paraît cynique mais c'est vrai).


A 1 mètre de ce nid à moustiques, il y a des habitations!!! Si ce n'est pas du masochisme, cela y ressemble fort...




Les conséquences sur l’économie et le tourisme

 Adjamé (un quartier célèbre d’Abidjan) abrite le plus grand marché de la capitale et certainement l’un des plus grands de l’Afrique sub-saharienne (comme celui de Cotonou ou de Bamako). Adjamé est aussi l’un des quartiers les plus sales sinon le quartier le plus sale de la ville d’Abidjan. A cause de cette saleté et de l’anarchie qui y règne (circulation impossible), beaucoup de personnes ne vont plus faire leurs emplettes à Adjamé. Occasionnant forcément des manques à gagner énormes pour les commerçants. Il en est de même pour Abobo et Treichville où se rendre au célèbre marché de BelleVille est une véritable invite à côtoyer la saleté donc la maladie.

Lorsque l’on décide de visiter une ville, un pays, c’est généralement pour voir des choses agréables, garder des souvenirs inoubliables, garnir son album photos d’images de parcs bien entretenus et verdoyants, de rues propres, des réseaux routiers (qui sont en réalités de vraies œuvres d’art) bien tracés et bien marqués, des bâtiments beaux aux couleurs fraiches et chatoyantes, etc… Toute chose qui fait cruellement défaut à Abidjan aujourd’hui. Qu’est-ce que la ville d’Abidjan offre aujourd’hui comme attrait ? Rien ? A-t-on idée de faire de la promotion, de la publicité pour inciter des touristes à venir enjamber des tas d’ordures ? Respirer l’air pollué d’Abidjan ? Respirer les gaz d’échappement ? Contracter le paludisme, la fièvre typhoïde ou le cholera ? Se promener sur les plages sales ? Abidjan telle qu’elle est aujourd’hui n’incite pas au tourisme. Par des actions, certains viendront une fois mais ne reviendront certainement pas. 



 Insalubrité et développement durable

Ces dernières années, s’il y a un thème qui revient très souvent dans les discours et communications des dirigeants de pays et d’entreprises c’est celui du « développement durable ». Ce néologisme qui est en soit un véritable modèle économique qui peut se définir comme « le fait de poser des actions de développement aujourd’hui pour améliorer le bien être des populations contemporaines sans toutefois compromettre l’existence des générations futures »[1],  est aussi repris abondamment par les dirigeants d’entreprises et politiques ivoiriens. Mais un pays insalubre qui n’accorde aucune attention à son environnement, qui n’a aucune conscience écologique et qui de ce fait expose ses habitants aux maladies et inondations compromet gravement son existence et celle de ses générations futures. Par conséquent, parler de développement durable dans ces conditions est une véritable hérésie. Le développement durable ce n’est pas uniquement les bio-carburants, les énergies renouvelables. C’est aussi des choses simples comme la propreté, la salubrité, la discipline d’une ville ou d’un pays (pour ne citer que des exemples liés au sujet du présent manifeste).



[1] Définition personnelle du « développement durable »

Par CI2P
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